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Comme toute personne qui enseigne à des jeunes, nous devons quotidiennement relever un défi de taille : stimuler ceux-ci de façon à susciter chez eux de l’intérêt face à ce qui leur est enseigné. Il est en effet bien connu qu’il y a approximativement 30 % des jeunes qui abandonnent leurs études secondaires avant terme et que 40 % n’obtiendront pas leur diplôme collégial *. Les stimuler est sans contredit un défi de taille et des recherches ont démontré chez eux des particularités que nous avons tous eu l’occasion d’observer à plusieurs reprises : ils sont paresseux, ils n’ont pas l’air de bien mesurer les conséquences de leur lassitude et ils peuvent passer d’un état complètement amorphe à un état de vigilance dès lors qu’il se passe quelque chose d’excitant autour d’eux ! Et vice versa, c’est-à-dire qu’aussitôt que le niveau de stimulation diminue ils peuvent redevenir complètement indifférents… Une recherche toute récente vient en effet de mettre en lumière une particularité du cerveau des adolescents, comparé à celui des adultes. Cette étude comparative du fonctionnement du cerveau des adolescents et de celui des adultes nous permet de comprendre que les caractéristiques des adolescents sont le résultat d’une forme d’immaturité de leur cerveau.
James Bjork et son équipe du National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism ont étudié en temps réel comment les adolescents répondaient à leur environnement **. Ils ont observé une activité moins grande du centre de la motivation du cerveau des ados que de celui des adultes. Toutefois, ils ont remarqué que les adolescents et les adultes présentent une activité de leur centre du plaisir similaire. Cette découverte nous montre que le cerveau des adolescents semble programmé de telle sorte qu’une forme de «paresse neurologique» leur rend difficile la tâche de s’engager dans la quête du succès et les incite à adopter des comportements à risque élevé, notamment à tomber dans la drogue et l’alcool, et bien à décrocher du système scolaire.
* D’après Vallerand, R.J., 1993, p. 533-581. ** Bjork, James M., Brian Knutson, Grace W. Fong, Daniel M. Caggiano, Shannon M. Bennett et Daniel W. Hommer, «Incentive-elicited brain activation in adolescents: similarities and differences from young adults», Journal of Neuroscience, 24, 2004, p. 1793-1802.
 | Nous pouvons voir que le centre de la motivation (le striatum ventral) des adolescents (à gauche) s’active moins que celui des adultes (à droite) lorsqu’ils anticipent une action qui conduira à l’obtention de gains ou à l’évitement de pertes. Toutefois, le centre du plaisir (le cortex frontal médian) est tout aussi actif chez l’adulte que chez l’adolescent. |
Pour que son message passe, l’enseignant doit trouver la clé pour faire résonner les neurones de ceux et celles qu’il a en face de lui. Il doit encoder son message et le transmettre de façon à toucher les jeunes. Leur cerveau est un cerveau du ressenti beaucoup plus qu’un cerveau cognitif. La Pédagogie émotionnelle est tout à fait adaptée au cerveau des jeunes.
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